21 juin, 2009...15:36

A la croisée des chemins

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brad-pitt

J’avais oublié à quel point il était grand et à quel point il avait toutes les caractéristiques d’un norvégien : la blondeur de l’Ange, les yeux d’un bleu aux accents métalliques, un corps athlétique aux larges épaules (de quoi se sentir toute frêle face à lui), sur une hauteur d’1m94. Je ne l’ai pas trouvé changé alors que nous ne nous sommes pas revus depuis plus d’un an et demi. En réalité, il m’avait semblé surtout très fatigué, poches et petites cernes se disputant la place sous ses beaux yeux toujours aussi attentifs.

Nous nous connaissons depuis “les années fac”, où d’après lui, j’étais trop amoureuse-passionnée pour l’avoir réellement remarqué. Lui me trouvait très jolie mais accompagnée et fatalement inaccessible. Quant à moi, il était bien trop jeune (nous avons deux années d’écart), bien trop blond, bien trop beau, avec toutes les idées préconçues que l’on peut avoir face à ce type de garçons, que l’on classe sans tarder parmi les “laisse tomber, il doit être ennuyeux à mourir”.

Je ne le connaissais pas en fait et j’ai eu bien tort sur toute la ligne.

La réputation de beau gosse, aux faux airs de Brad Pitt lui collait invariablement à la peau, tout comme celle de coureur de jupons qui papillonne de filles en filles… Alors que, ce qui fut peut-être le cas durant sa vie d’étudiant, ne l’était plus bien vite après. Mais nous ne nous voyions que trop rarement et, à chaque fois, l’échange fut toujours trop bref : avec des “bonjour/ça va/au revoir/à bientôt”, on ne fait pas grand chose et le mythe persista.

Durant l’été 2007, Brad était célibataire et moi, je me séparais tout doucement. On s’était croisés chez des amis communs, je me sentais fade, triste et peu encline à la séduction. Lui me trouvait jolie et le célibat exacerbait ses sens. Quelques mois plus tard et une séparation officielle, un anniversaire chez des amis communs nous avait de nouveau réunis et là, nous avons ENFIN eu l’occasion d’échanger autre chose que des banalités. Malheureusement, il débutait une histoire avec une fille dont il n’était pas sûr des sentiments qu’il avait pour elle, mais dont la présence le rassurait. Quant à moi, j’étais amoureuse sans savoir que je n’étais pas encore prête pour être en couple.

Le soir où il m’avait raccompagnée en voiture (fin 2007), après avoir dîné dans un très bon restaurant et révélé ce qui a été écrit précédemment, nous nous sommes regardés fixement durant de longues minutes. Un baiser aurait pu être échangé mais Brad aime finir une histoire avant d’en commencer une autre et moi, je n’étais pas sûre d’avoir envie de quelque chose de sérieux à ce moment là. Et puis, on s’entendait tellement bien, c’était vite devenu un ami, un vrai confident.

Aujourd’hui, j’y pense encore, à ce baiser manqué, au goût qu’il aurait pu avoir.

Je le lui ai dit hier soir.

*** 

Texto : “Comment vas-tu ? Il faudrait qu’on se voit avant d’être trop vieux !”

“Je suis dispo le 20″

Je suis venue avec ma fille, parce que je savais qu’il ne l’avait pas vu depuis longtemps et qu’il aimait les enfants. Et puis même, j’avais envie qu’elle soit là avant que les grandes vacances ne me la prennent pendant de longues semaines !

La dernière fois que j’ai vu Brad, j’étais sûre de ne jamais pouvoir tomber amoureuse de lui, archi-sûre, j’en aurais mis ma main à couper. Hier, j’en doutais. Un possible était en train de germer discrètement lorsque je le vis, fatigué, stressé, le sourire faible, envahi par l’impatience devant la caisse d’un hypermarché plein à craquer ! Il n’avait pas changé mais quelque chose avait mûri chez lui. Je ne le trouvais plus si “jeune” après tout et ces toutes nouvelles rides qu’il avait lui donnaient beaucoup de charme.

Nous avons dîné au champagne, une mini bouteille que j’avais apportée pour fêter nos retrouvailles et lui faire promettre de ne plus attendre aussi longtemps avant de me revoir.

Ce n’est qu’au moment du thé que nous fîmes le bilan de nos vies intimes respectives. Il ne me parla toujours pas d’amour mais de “choix de vie, de projets communs”, “je sais qu’elle ne me quittera pas à la moindre difficulté” (Brad sort d’une histoire douloureuse dont il est resté traumatisé, cinq années se sont écoulées mais la cicatrice est bien difficile à refermer). J’ai su qu’il avait très envie d’être père et que sa compagne lui en parle tous les jours, qu’elle se sent prête. Contrairement à ce que d’autres disaient, ce n’est pas “elle” qui ne veut pas, elle en meure d’envie, elle est amoureuse, c’est lui, c’est lui qui doutait encore beaucoup à la fin de l’année dernière.

Brad sait qu’un enfant, c’est l’engagement de toute une vie.

Il a envie d’avoir un enfant, mais il n’est pas encore sûr de le vouloir avec elle.

Tu n’es pas amoureux, tu vas passer le restant de tes jours avec une femme qui te rendra certainement heureux, qui ne te quittera jamais, mais tu as décidé de te protéger en emmurant ce coeur qui t’a tant fait souffrir. Je n’ai pas osé le lui dire, à quoi bon ?

C’est la première fois que ma fille voyait un autre homme que son papa. Seul à seule avec moi. Le courant est très bien passé, et le summum a été le moment où Brad l’a portée pour la mettre sur le siège-auto : j’ai eu la certitude qu’il sera un père merveilleux et je lui souhaite de l’être le plus tôt possible.

Sinon, il m’a touchée en me proposant une sortie à la mer : “Tu me supporterais toute une journée ?” “Bien sûr !” Bien évidemment que je te supporterai toute une journée, quelle question bizarre ? On s’entend bien, c’est une épreuve ? Tu veux me tester ?

J’espère que ce n’était pas une proposition en l’air parce que, là où il souhaite m’emmener, j’en rêve depuis des années !  Ce sera entre le 10 et le 15 juillet… Je n’y penserai pas trop par superstition, on verra.

Nos chemins se croisent souvent mais à chaque fois, nous n’avons jamais été célibataires en même temps… Peut-être à 40 ans ?

2 commentaires

  • En effet, franchement si la photo n’est pas celle de Brad je mange mon chapeau* ! Ce jeu de cache-cache est comme un parcours initiatique, comme-ci étape après étape chacun de vous devenait différent, devenait de plus en plus lui-même. Qui sait ? Votre avenir n’est peut-être pas d’être ensemble mais peut-être êtes-vous simplement le miroir indispensable à l’autre pour vous comprendre et savoir ce que vous voulez vraiment ? Qui sait…

    * j’ai vérifié avant, je n’ai pas de chapeau. Pas folle la guêpe !

  • Une question me vient à l’esprit tout à coup (le retour des vacances !) : peut-on être attiré par quelqu’un des années plus tard, alors qu’on a rien ressenti pour lui tout de suite ou plus tôt ?

    Brad restera un ami et je n’aimerais pas qu’il en soit autrement.


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